Avec ou sans aide : ils ont arrêté de fumer

Plus de 73 % d’accros veulent arrêter le tabac ! Mais on ne met pas fin à plusieurs années de dépendance aussi facilement. Comment s’en sortir? Des fumeurs en cours de sevrage et des ex-fumeurs nous confient “leurs” recettes.

« Ceux qui vont réussir leur sevrage sont ceux qui en ont vraiment envie, et non pas ceux qui essaient de se raisonner à cause du risque de cancer », constate le Pr Robert Moumard, président de la Société française de tabacologie. Des aides médicamenteuses aux médecines douces, en passant par l’accompagnement au quotidien sur le Net.., tous les moyens sont bons pour arrêter de fumer.

« Attention cependant aux cigarettes sans tabac. Bien qu’elles contiennent des plantes, leurs produits de combustion (fumée, monoxyde de carbone…) sont toxiques pour les poumons », prévient Le Dr Anne Morgne, tabacologue à l’hôpital Jean-Verdier de Bondy.

De nombreux tabacologues s’appuient sur des méthodes validées par des études cliniques :

  • les substituts nicotiniques (patchs, gommes, comprimés…),
  • le Zyban (bupropion)
  • et les thérapies cognitivo-comportementales.

Le Pr Molimard, lui, recommande de s’arrêter « tout seul » par petites étapes, en essayant d’abord de se priver ‚de la cigarette après Ie café, puis de celle du soir, etc.

« Je donne toujours l’exemple de la personne qui, pour maigrir, ne met plus de sucre dans son café, explique-t-il. Le premier jour, c’est difficile… puis, au bout de quelque temps, on ne peut plus avaler de café sucré

En fait chaque frimeur choisit une stratégie en fonction de critères personnels.

  • La motivation : certains fumeurs sont tellement motivés qu’ils parviennent à s’arrêter sans aide du jour au lendemain.
  • La dépendance : «Les médicaments à la nicotine constituent une aide précieuse pour tous les fumeurs dépendants physiquement, c’est-à-dire ne pouvant pas se passer de leur cigarette le matin », constate Le Dr Anne Borgne.
  • La personnalité : certains veulent être acteurs de leur sevrage et ne se fient qu’à leur volonté. D’autres ne jurent que par les médecines douces, car ils refusent de remplacer leur drogue par un médicament.
  • Le « passé » : les rechutes sont souvent lourdes de conséquences. Lorsque la volonté n’a pas suffi, on se réfère aux moyens traditionnels. Si ceux-ci échouent, on se rattache à des méthodes plus extravagantes (plantes miraculeuses, bracelets magnétiques…), au détriment bien souvent du portefeuille.

Il n’existe pas de schéma préétabli pour couper le lien avec le tabac. Certaines personnes anciennement fumeuses arrivent très bien à supporter le tabagisme passif… d’autres pas du tout !

La tendance est actuellement aux patchs à la nicotine, mais les fumeurs sont aussi de plus en plus nombreux à recourir aux médecines douces. Peu importe la méthode important, c’est que ça marche !

 » Le shiatsu a joué un rôle anti-stress  »

Témoignages : Les médecines douces, ça peut marcher !

« J’ai testé l’hypnose. » Anne Virginie, 34 ans, fumait un paquet par jour depuis 16 ans.

« J’ai vécu une expérience étrange : une séance d’hypnose collective. Nous étions un groupe de cinq fumeurs, et le médecin nous a parlé de sa voix monocorde, en nous présentant la cigarette comme un poison, sans nous culpabiliser. Il répétait les mêmes phrases comme pour mieux faire entrer le message dans nos têtes. La séance terminée, mon premier réflexe a été de prendre mon briquet, mais je me suis raisonnée.

Depuis, je ressens toujours le manque pendant des soirées entre amis. Mais je résiste ! Déjà deux mois sans fumer, je croise les doigts… »

« L’auriculothérapie m’a aidée à décrocher. » Catherine, 48 ans, fumait trois paquets par jour depuis 28 ans.

« J’étais sceptique, mais le médecin m’a tout de suite rassurée. Après une petite anesthésie, il m’a passé un fil dans l’oreille qui, m’a-t-il expliqué, représente le centre de commande des récepteurs nicotiniques.

Après la séance, je me suis sentie très détendue. J’ai déjeuné avec des amis et je n’ai pas ressenti le besoin de fumer.

J’ai ensuite dû gérer quelques envies fugaces en respirant profondément. J’ai été étonnée de la facilité à décrocher.

On m’a enlevé le fil au bout de trois semaines et je n’ai pas touché une cigarette depuis six mois. »

« Le shiatsu a joué un rôle anti-stress. » Betty, 49 ans, frimait deux à trois paquets par jour depuis 30 ans.

« Je voulais depuis longtemps me débarrasser de mes cigarettes, mais j’étais trop stressée et à chaque tentative d’arrêt, je replongeais. L’an dernier, j’ai essayé le shiatsu en désespoir de causa J’ai alors découvert que ce moyen de relaxation avait de réelles répercussions sur mon état de santé, Pendant la séance, qui a duré près de 45 minutes, le praticien a appuyé sur des points précis. Je me suis endormie et ça m’a libérée du stress.

D’emblée, j’ai eu envie de m’alimenter sainement de ne plus m’intoxiquer. »

Leur astuces et trucs malins pour arrêter

  • J’ai commencé par les pastilles à la réglisse, puis j’ai enchaîné avec les bâtons de réglisse. Je mâchouille toute la journée, et tant pis si c’est moins élégant que la cigarette. J’adore ce petit goût anisé. Jean-Philippe, 25 ans, artiste-peintre (une astuce contre-indiquée en cas d’hypertension.).
  • J’avais peur d’arrêter, mais je ne supportais plus d’être dépendante. J’ai mis des patchs pendant trois mois et j’ai trouvé ça fabuleux! La gestuelle ne m’a même pas manqué. Pendant les soirées, je touchais régulièrement mon patch comme pour me dire “Il est là, tu es protégée contre l’envie de reprendre une cigarette”. Emmanuelle, 52 ans, commerçante.
  • Fumer faisait partie de mon comportement. Les patchs n’ont pas suffi, je souffrais de ne plus avoir de cigarette à la bouche. Mon pharmacien m’a proposé l’inhaleur à la nicotine, en complément. Je « tire une bouffée » de temps en temps. Mes amis se moquent de moi, mais je tiens bon. Dan, 40 ans, informaticien.
  • Dans les moments difficiles, il suffisait que je pense à mon fils qui m’a dit un jour: “Si tu as un cancer, ce sera bien fait pour toi” pour que le désir d’allumer une cigarette disparaisse. Puis je buvais un verre d’eau et j’ai tenu le coup sans prendre 1 gramme. Véronique, 45 ans, infirmière.
  • J’ai décrit mes sensations de manque dans des poèmes. Ça m’a défoulé. Au fur et à mesure, le sevrage est devenu plus supportable. Alice, 62 ans, retraitée.
  • J’ai annoncé que j’arrêtais de fumer en 2004. Comme ça, impossible de reculer. Quand ça ne va pas, je téléphone à une amie. En général, l’envie de fumer a disparu à la fin de la conversation et je me suis moins nerveuse. Nancy, 52 ans, restauratrice.

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