Asthme : diagnostic et traitements

vaincre l'asthme

Bien que les sifflements — ou crissements lors de la respiration — soient un des signes classiques de l’asthme, ce n’est pas toujours le cas. Pour certains, le symptôme majeur est une toux sèche, persistante, qui empire souvent la nuit ou tôt le matin. La toux nocturne est parfois le seul symptôme, surtout chez l’enfant.

D’autres connaissent oppression thoracique, essoufflement, respiration rapide ou bruyante, ou la sensation qu’ils ne peuvent pas prendre assez d’air. L’auscultation peut ne rien donner, à moins que le patient soit en crise.

On utilise donc la spirométrie pour le diagnostic. Le patient inspire profondément et souffle fort et rapidement dans un embout connecté à un spiromètre qui mesure trois paramètres importants pour le diagnostic : capacité vitale forcée (CVF, quantité maximum d’air inspiré et inhalé), débit expiratoire de pointe (DEP) ou peak-flow (vitesse maximale d’expiration de l’air des poumons et volume expiratoire maximum en une seconde (VEMS). L’asthme diminue la force et la rapidité du souffle. Après le test, on donne au patient un bronchodilatateur de courte durée pour dégager les bronches et on recommence.

Si les résultats sont meilleurs, il s’agit probablement d’asthme. Si la spirométrie d’un patient avec des symptômes d’asthme est normale, on peut faire un test de provocation bronchique. On donne une substance rétrécissant les voies aériennes avant la spirométrie.

Si l’utilisation du spiromètre n’est pas possible (surtout chez les moins de cinq ans), un anti-asthmatique peut être prescrit pour voir s’il atténue les symptômes.

Pour écarter d’autres affections pulmonaires ayant des symptômes similaires, on peut faire des radios des poumons et des sinus, une numération sanguine, un scanner, une évaluation du RGO et une analyse du crachat. Les gaz du sang artériel vérifient le niveau d’oxygénation sanguine. Des tests d’allergies permettent d’identifier les substances en cause.

Traitements

L’asthme est incurable, mais on peut le gérer pour minimiser le nombre et la sévérité des crises. Les anti-asthmatiques correspondent à deux approches. Les traitements de fond, réduisant l’inflammation et dégageant les voies aériennes, doivent être pris régulièrement, même en l’absence de symptômes.

Les bronchodilatateurs de courte durée sont utilisés en début de crise. Beaucoup sont administrés par inhalateur pour être aspirés directement par les poumons ou par nébuliseur — qui pulvérise un nuage médicamenteux — si la personne ne peut pas se servir d’un inhalateur.

Il est important d’élaborer un plan de traitement global stipulant la conduite à tenir en cas de crise, surtout pour l’enfant.

Médicaments à court terme

Les bronchodilatateurs, bêta-2 agonistes, soulagent rapidement en cas de crise. Ils dégagent les bronches pendant une courte période seulement. En cas de symptômes légers occasionnels, ils peuvent suffire. L’albutérol (inhalateur) en fait partie.

Médicaments au long cours

Il faut les prendre régulièrement pour prévenir les crises. Les bronchodilatateurs, par exemple, réduisent l’inflammation des voies aériennes ou les dégagent. Mais ils ne peuvent traiter une crise en cours. Les corticoïdes inhalés réduisent l’inflammation et présentent moins d’effets secondaires sous cette forme qui permet une pénétration immédiate des poumons. On combine parfois les bêta-2 agonistes à long terme, bronchodilatateurs, aux corticoïdes inhalés. Les formes longue durée sont utiles pour éviter les crises la nuit. Les modificateurs de leucotriène, dont montélukast et zafirlukast, administrés en comprimés, agissent de même.

Ils diminuent l’effet des leucotriènes — substances causant l’inflammation des bronches. Ils peuvent être utilisés seuls ou avec les corticoïdes inhalés, mais on n’a pas étudié l’impact d’un traitement au montélukast durant plus de six mois. Acide cromoglycique et nédocromil, généralement utilisés en cas d’asthme léger mais persistant, font également partie de cette catégorie.

Corticoïdes par voies orale ou intraveineuse

Des produits comme le prednisone peuvent être prescrits à court terme pour contrôler l’asthme ou plus longtemps en cas de trouble sévère. Cependant, les effets secondaires à long terme sont nombreux (cataracte, amincissement des os, faiblesse musculaire, résistance diminuée aux infections, hypertension, amincissement de la peau et inhibition de la croissance).

Peak-flow

Cet appareil simple peut être utilisé quotidiennement chez soi pour mesurer le débit respiratoire, généralement tous les matins, et le comparer au débit expiratoire de pointe une fois que l’asthme est sous contrôle. On inspire profondément, puis on souffle de toutes ses forces dans l’embout en plastique de l’appareil. Le peak-flow permet au patient d’évaluer l’efficacité du contrôle sur l’asthme et en cas de variation, l’avertit de l’imminence d’une crise.

Yoga

Un cours de yoga, au moins une fois par semaine, constitue un traitement secondaire utile. Les exercices de respiration et les techniques de relaxation améliorent la fonction pulmonaire et réduisent les niveaux d’hormones associées au stress.

Plantes médicinales

L’arbre à encens (Boswellia serrata), un remède ayurvédique, à raison de trois prises quotidiennes de 300 à 400 mg, a été utilisé pour traiter l’asthme.

Compléments

Le sélénium en dose maximale de 100 mcg par jour (seulement 10 à 50 mcg pour les enfants selon l’âge), un oligo-élément présent dans la terre, l’eau et certains aliments, peut être utile en cas d’asthme chronique. Les acides gras oméga-3 réduisent aussi les crises provoquées par l’exercice chez l’enfant ; il a été prouvé que ce sont des modificateurs de leucotriène qui contribuent à diminuer l’inflammation des bronches.

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