Le cancer de l’oesophage

La consommation excessive et prolongée de tabac sous toutes ses formes, ou d’alcool, est la principale cause de ce type de cancer. La combinaison des deux facteurs décuple les risques. Le reflux gastro-œsophagien, ou RGO, est une autre cause importante et aggravante, qui peut aboutir à une maladie pré-cancéreuse appelée œsophage de Barret ou endobrachyoesophage (EBO).

Environ 10 % des patients atteints d’EBO développeront un cancer de cette zone.

L’exposition, dans un cadre professionnel, à de fortes concentrations de poussière de quartz (composant du grès et du granit, souvent présent dans les briques, le béton et les tuiles) prédispose aussi à la maladie.

Parmi les autres éléments favorisants on trouve : une alimentation carencée en fruits et en légumes et pauvre en vitamines A, C, BI (thiamine), bêta-carotène et sélénium ; un surpoids, qui aggrave le risque de RGO ; une infection par Helicobacter pylori, bactérie qui induit des ulcères gastroduodénaux ; et une radiothérapie consécutive à une mammectomie (ablation du sein).

Réduire les risques

Arrêter de fumer réduit l’exposition aux substances cancérogènes tout en éliminant l’une des causes majeures de reflux gastro-oesophagien. Il est également important de traiter les brûlures d’estomac chroniques et d’adopter une alimentation saine, riche en fruits et légumes très colorés, essentiellement ceux de la famille des choux (brocolis, chou-fleur et choux de Bruxelles).

Les aliments à base de tomates fraîches, comme la sauce pour les pâtes, augmentent le taux d’antioxydants tels le lycopène. Le sélénium que l’on trouve dans le poisson, le pain complet, les noix et les noix du Brésil est aussi un élément efficace de prévention.  En revanche, les compléments trop fortement dosés en sélénium sont déconseillés car ils peuvent être toxiques.

Des recherches ont été menées au Fred Hutchinson Cancer Research Center, à Seattle (États-Unis) sur des sujets atteints de l’œsophage de Barrett. Publiées en 2005 dans la revue The Lancet Oncology, elles montrent une réduction du risque d’évolution vers un cancer en cas de prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine, l’ibuprofène, le naproxène ou certains médicaments contre l’arthrite.

Les symptômes

Cette forme de cancer est rarement détectée très tôt. Des difficultés à avaler (dysphagie) peuvent être le premier signe d’une tumeur contribuant à réduire le diamètre de l’œsophage. Une perte de poids non désirée, des douleurs dans la gorge, la poitrine ou entre les omoplates, un enrouement, une toux chronique et, dans les stades avancés, des crachats de sang sont d’autres symptômes de cancer de l’œsophage.

Le diagnostic peut être confirmé par une radio du thorax ou une radiographie après opacification.

Si le cancer est avéré, des tests supplémentaires en détermineront le stade : examen des poumons à l’aide d’un bronchoscope, d’un scanner ou d’une endosonographie — endoscopie à ultrasons — qui utilise les ondes sonores pour créer des images de l’œsophage et des tissus environnants ; tomographie par émission de positrons ou TEP (injection d’un produit de contraste légèrement radioactif pour faire ressortir les régions cancéreuses).

Les traitements

La chirurgie est souvent conseillée, particulièrement pour les patients atteints également d’un œsophage de Barret en évolution constante depuis longtemps. Elle peut être combinée à la radiothérapie, à la chimiothérapie ou aux deux.

Chirurgie

L’oesophagectomie est l’ablation de la partie cancéreuse de l’oesophage et des ganglions lymphatiques voisins. Dans les cas plus avancés, il peut être nécessaire d’enlever également une partie de l’estomac, lors d’une intervention appelée oesophago-gastrectomie.

Radiothérapie

 La radiothérapie externe est un des traitements possibles. Elle consiste à envoyer des rayons X dans l’oesophage pour tuer les cellules cancéreuses. Dans certains cas, de petits tubes renfermant du matériel radioactif peuvent être implantés dans les régions cancereuses.

Chimiothérapie

 Cette combinaison de médicaments anticancéreux administrés par voie orale ou Intraveineuse s’effectue en général par cycles, entrecoupés de périodes de convalescence.

Thérapie photodynamique

Après avoir injecté un médicament photosensible qui s’accumule dans les cellules cancéreuses, le médecin fait passer un rayon laser dans l’œsophage au moyen d’un endoscope spécial.  Bien que normalement utilisé pour atténuer les douleurs ou dégager une obstruction, ce type de traitement est également prometteur pour les cancers de l’œsophage au stade précoce.

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