Hémorroïdes ça se traite : faut-il oser en parler…

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À la fois courant et bénin, ce problème délicat reste mal vécu. Il faut oser en parler au médecin car cela se soigne.

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En 2015, quelque quatre millions de Français âgés de plus de 15 ans auraient eu des problèmes d’hémorroïdes (étude Nelson Sofres en Avril 2015). Et, pour les trois quarts d’entre eux, la crise s’est produite au moins deux fois dans l’année.

Les hémorroïdes correspondent à une maladie des vaisseaux (veines, artères et capillaires) situés dans la région anale.

Elles s’accompagnent de symptômes plus ou moins gênants et douloureux.

Pourquoi en a-ton ?

La crise hémorroïdaire est la conséquence d’une dilatation des vaisseaux sanguins qui se produit localement.

On ignore pourquoi certains n’en souffrent jamais, alors que d’autres en sont fréquemment sujets. On suppose qu’il existe une fragilité individuelle. De plus, certains facteurs peuvent être aggravants.

Une alimentation pauvre en fibres : elle expose à la constipation et, conséquence, lorsque l’on va à la selle, on pousse trop, ce qui fragilise les hémorroïdes. Tout comme le fait de rester longtemps sur les toilettes : cela dilate l’anus et le soumet à une pression en continu.

On dit souvent qu’il faut éviter de consommer de l’alcool, du café, du thé et des épices. C’est à la fois vrai et faux, car tout dépend de la tolérance de chacun. Mieux vaut donc adapter ces conseils diététiques en fonction de son expérience personnelle. Seule règle : ne pas faire d’excès.

Le cycle, la grossesse et l’accouchement : les récepteurs hormonaux présents au niveau du canal anal entraîneraient une congestion du tissu hémorroïdaire.

Si rien n’est prouvé, cela expliquerait toutefois pourquoi certaines femmes font des crises juste avant leurs règles.

Par ailleurs, quatre femmes sur dix ont des problèmes d’hémorroïdes au cours de la grossesse et après l’accouchement.

En effet, les tissus sont fortement sollicités et les bouleversements hormonaux ont un impact sur la qualité des vaisseaux.

Le mode de vie : une vie trop sédentaire, les positions assises prolongées, la station debout et les “piétinements” sont dans la ligne de mire. Mais également le port de charges lourdes et certains sports, comme l’équitation, la moto, le vélo ou bien le body-building. Assis, on écrase les tissus ; debout, on favorise l’engorgement vasculaire. Quant aux efforts violents, ils fragilisent les tissus de la région anale et périnéale.

Premiers symptômes

Inconfort, brûlure, démangeaisons et sensation de pesanteur au niveau de l’anus sont les premiers symptômes de la crise d’hémorroïdes.

En général, une automédication efficace suffit à les soulager. Elle associe une crème (Sédorrhoïde crème, H.E.C.,

Préparation H, Phlébocrème) à un suppositoire. Ils contiennent un anesthésique, un anti-inflammatoire et un veinotonique. On commence par la crème, qui lubrifie et détend, puis on met le suppositoire, bout carré en premier, pour éviter qu’il ne soit expulsé.

Ces premiers symptômes peuvent être aussi associés à des douleurs, à des saignements, des suintements et des gonflements. Il faut alors consulter un médecin.

Il recherchera la cause des éventuels saignements (voir encadré), procédera à un examen clinique pour savoir si les gonflements sont internes et/ou externes, mettra en évidence des lésions associées et confirmera ou corrigera le diagnostic supposé d’hémorroïdes.

Pommades, “suppo” ou sclérose…

Les hémorroïdes sont externes : le gonflement est rapidement douloureux.

On commence par un traitement médicamenteux local : pommade ou suppositoire anti-inflammatoire et cure orale de veinotonique pour renforcer les vaisseaux. Si le problème persiste, on pratique une excision sous anesthésie locale afin d’enlever le caillot qui s’est constitué (thrombose hémorroïdaire). Un acte rapide et efficace puisque, dans 90 % des cas, il n’y aura plus de crise sur cette zone. Sans cette intervention, la séquelle sera un surplus de peau cicatriciel.

Elles sont internes : d’évolution chronique ou aiguë, elles se manifestent par des gonflements internes parfois extériorisés, et/ou des saignements, et/ou des douleurs. Là encore, on débute par une prescription médicale. Puis, en cas d’échec, on passe au traitement “instrumental”, par voie anuscopique.

Deux possibilités : la sclérothérapie ou les ligatures élastiques. La première méthode provoque la sclérose des vaisseaux hémorroïdaires, via une injection de produit liquide cicatrisant dans les capillaires, ou via les infrarouges, qui agis sent en cautérisant superficiellement les hémorroïdes. La seconde consiste à ligaturer l’extrémité de la boule avec un petit élastique. En deux jours, l’hémorroïde se nécrose, puis tombe. Il reste juste une petite croûte, qui part au bout de 15 jours.

Hygiène : tout en douceur

  • Si vous le pouvez, pratiquez la “douchette” pour vous nettoyer après la selle.
  • Les lingettes, humides et douces, sont également une bonne solution pour s’essuyer. Sinon, utilisez un papier toilette doux et non parfumé.
  • Essuyez-vous doucement en contractant légèrement l’anus pour éviter d’aller trop loin, ce qui fragilise la muqueuse.
  • Lavez-vous au quotidien avec un savon doux ou, mieux encore, avec un savon d’hygiène intime.
  • Faites une toilette extérieure de la région anale, les muqueuses internes étant très fragiles.
  • Séchez-vous bien, et en douceur, avec une serviette en coton.

La chirurgie en dernier recours

Assez peu douloureux, les différents traitements sont efficaces. Mais ils ne préviennent pas toujours le retour des crises. Et on ignore encore ce qui motive la fréquence de leurs apparitions.

Si elles tendent à s’aggraver jusqu’à devenir handicapantes, l’opération chirurgicale peut s’avérer être le seul recours. Mais cela reste une solution ponctuelle : seulement 15 % des patients sont opérés. Deux techniques peuvent être proposées. La première (la plus classique) consiste à retirer les hémorroïdes à leur naissance.

Les suites opératoires sont généralement assez pénibles. La seconde (plus récente) a pour objectif de remonter les hémorroïdes en effectuant une sorte de “lifting” des tissus et de la muqueuse.

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