L’incontinence urinaire

L’incontinence urinaire est une perte involontaire d’urine. Elle est le symptôme d’un large éventail de pathologies, dont le diabète, un accident vasculaire cérébral, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, une grossesse ou certaines interventions chirurgicales.  Fréquente chez les femmes de plus de 50 ans, elle concerne également les hommes et des femmes plus jeunes.

Contrairement à ce que l’on pense, l’incontinence n’est pas un phénomène normal dû au vieillissement. Elle peut être traitée et il est souvent possible de la guérir. Il faut donc consulter sans honte.

Causes

Avec l’âge, des changements surviennent, qui modifient les capacités de contrôler la miction et accroissent le risque d’incontinence : la capacité de la vessie diminue, le débit urinaire dans l’urètre et à la sortie de la vessie ralentit, la possibilité de retenir l’urine s’affaiblit.

Mais il existe bien d’autres causes à l’incontinence. Chez la femme, le fait que la muqueuse du vagin ou de l’urètre s’affine et s’assèche après la ménopause est un facteur favorisant. Chez l’homme, une opération de la prostate ou une augmentation de son volume peuvent contribuer à son apparition. Des muscles pelviens affaiblis, des infections urinaires, un diabète, un taux de calcium anormalement haut, la constipation et certains médicaments augmentent également le risque. Les femmes enceintes sont aussi sujettes au phénomène en raison de la pression du fœtus sur la vessie.

Prévention

Un bon tonus musculaire général et la pratique d’exercices de renforcement des muscles du périnée (ou exercices pelviens de Kegel), qui consistent à contracter et relâcher les muscles pelviens, sont utiles dans bien des cas, surtout chez les femmes, plus exposées à l’incontinence suite à une grossesse. Il est par ailleurs conseillé d’aller régulièrement à la selle, d’éviter de forcer pour vider la vessie et les intestins, et de boire suffisamment, mais pas trop (environ 1,5 1 par jour).

Arrêter ou réduire certains médicaments et substances irritants pour la vessie peut être utile. Les plus courants sont l’alcool, la caféine, certains décongestionnants nasaux, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (médicaments pour la tension), certains antidépresseurs et antipsychotiques, les inhibiteurs calciques (qui empêchent l’entrée du calcium dans les cellules), les diurétiques, les antidouleurs et les sédatifs.

Diagnostic

Une anamnèse et un examen clinique détermineront les causes de l’incontinence urinaire. Les patients peuvent être amenés à tenir un « journal urinaire » où ils noteront la fréquence et le moment où ils vont uriner, les incontinences constatées et la quantité approximative d’urine non retenue.

Des examens complémentaires peuvent être effectués : analyse d’urine, mesure du résidu post-mictionnel qui permet d’évaluer la quantité d’urine présente dans la vessie après la miction ou recherche d’incontinence d’effort, au cours de laquelle le patient doit rester debout avec la vessie pleine et tousser afin d’évaluer la quantité d’urine perdue.

Les différents types d’incontinence urinaire

Il existe plusieurs types d’incontinence urinaire :

Incontinence d’effort

Provoquée par le fait de tousser, d’éternuer, de soulever des objets lourds, de sauter ou toute augmentation brutale de la pression dans l’abdomen. Fréquente chez les femmes jeunes et d’âge moyen. Parfois due à une faiblesse du sphincter urinaire découlant d’une grossesse ou d’une chirurgie pelvienne.

Incontinence par impériosité

Perte involontaire d’urine précédée d’un besoin urgent et irrépressible d’uriner. Également appelée hyperactivité vésicale, c’est la plus fréquente chez les personnes âgées et elle peut être un signe d’infection des reins ou de la vessie.  Incontinence par regorgement

Écoulement goutte-à-goutte de l’urine contenue dans une vessie trop pleine. Concerne plus souvent les hommes. Peut être provoquée par une augmentation du volume de la prostate, une tumeur, un diabète ou certains médicaments.

Incontinence fonctionnelle

Elle est causée par l’impossibilité de se déplacer, à la suite d’un accident vasculaire cérébral, d’une arthrite sévère, d’une démence, d’une dépression sévère, ou de tout autre trouble émotionnel.

Incontinence mixte

La plus fréquente touche les femmes âgées, qui, souvent, souffrent à la fois d’incontinence d’effort et d’incontinence par impériosité.

Traitements

Le traitement dépend de la cause.

Exercices

Les exercices de contraction musculaire de Kegel peuvent être utiles pour traiter l’incontinence féminine. Ils sont parfois associés au biofeedback. Des appareils électroniques ou mécaniques évaluent le tonus musculaire du périnée et aident, grâce à la visualisation ou à l’audition, les patientes à effectuer correctement les exercices.

L’esprit au service du corps

La miction à heures fixes (ou miction programmée) implique d’uriner à intervalles réguliers définis qu’il s’agit d’augmenter progressivement pour régler la vessie comme on réglerait une horloge.

Acupuncture

Cette branche de la médecine traditionnelle chinoise tend à améliorer les symptômes de l’incontinence, y compris l’urgence et la fréquence des mictions.

Médicaments

Des médicaments qui renforcent les sphincters urinaires (oestrogènes, alpha- bloquants et bêta-bloquants) peuvent être prescrits. D’autres, notamment des relaxants musculaires (myorelaxants), le chlorhydrate d’imipramine, antidépresseur tricyclique qui relâche les muscles de la vessie et renforce les muscles de l’urètre, ou des antispasmodiques comme le chlorhydrate d’oxybutynine ou la toltérodine I-tartrate peuvent être utiles. La thérapie hormonale de substitution d’œstrogènes, à laquelle on avait recours par le passé, augmente le risque d’incontinence au lieu de le réduire.

Chirurgie

Dans les cas les plus sévères, différentes techniques chirurgicales permettent de corriger certains dysfonctionnements.

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