Paludisme : symptômes, prévention et traitements

Le paludisme est une infection causée par des parasites unicellulaires qui entrent dans le sang lors de la morsure d’un moustique Anopheles femelle infecté. Ces parasites, appelés plasmodies, appartiennent à au moins cinq espèces. La plupart des infections humaines sont causées par le Plasmodium falciparum ou Plasmodium vivax.

Les parasites du Plasmodium passent plusieurs parties de leur cycle de vie chez les humains et une autre partie à l’intérieur des moustiques. Au cours de la partie humaine de leur cycle de vie, les parasites du Plasmodium se multiplient à l’intérieur des cellules du foie et des globules rouges.

Certaines cellules sanguines infectées éclatent en raison de la multiplication des parasites qui vivent en leur sein. Les parasites du Plasmodium présents dans le sang ainsi que les substances libérées par l’éclatement des globules rouges provoquent les symptômes du paludisme

Les personnes qui ont vécu toute leur vie dans un pays où ils sont exposés au paludisme ont développé des anticorps de sorte que la réinfection ne cause que peu ou pas de symptômes chez eux.

Pour les personnes qui ne sont plus exposées au paludisme, leur système immunitaire ne les protège pas plus de quelques années.

Les personnes qui n’ont jamais eu une infection par le paludisme (comme les jeunes enfants et les voyageurs) et les femmes enceintes sont plus susceptibles d’avoir de graves symptômes de paludisme.

Habituellement, les symptômes apparaissent dans les premières semaines après la piqûre moustique infecté. Chez les personnes infectées par le P. vivax ou P. ovale, certains parasites du Plasmodium peuvent rester à l’intérieur du foie. Si cela se produit, les formes parasites dormantes peuvent devenir actives et déclencher des symptômes du paludisme des mois ou années après la première exposition.

Dans les régions où il existe un taux élevé d’infection par le paludisme, ce dernier peut se propager d’une autre manière que par une piqûre de moustique, par exemple par des transfusions de sang contaminées, une transplantation d’organes contaminés et des aiguilles souillées. Chez les femmes enceintes, l’infection par le paludisme peut passer dans le sang vers le fœtus en développement, causant un faible poids à la naissance ou une mort fœtale. Ceci est le plus fréquent avec une infection au P. falciparum

Le paludisme est l’une des principales causes de mort évitable dans le monde d’aujourd’hui. Elle touche plus de 500 millions de personnes dans le monde et cause chaque année 1 à 2 millions de décès. C’est une maladie tropicale. Par conséquent, elle est rare dans les pays développés.

Dans les régions tropicales, les espèces particulières de Plasmodium varient d’un pays à l’autre. Dans certaines régions, de nouvelles souches de paludisme sont apparues qui sont résistantes à certains antipaludiques. Cette émergence de souches résistantes aux médicaments a compliqué le traitement et la prévention du paludisme dans les pays tropicaux et chez les voyageurs.

Symptômes

Les symptômes du paludisme peuvent commencer six à huit jours après une piqûre par un moustique infecté. Ils comprennent :

  • Une fièvre élevée avec des frissons et tremblements.
  • Une transpiration profuse lorsque la fièvre diminue soudainement.
  • Fatigue.
  • Maux de tête.
  • Douleurs musculaires.
  • Douleurs abdominales.
  • Nausées, vomissements.
  • Sensation de faiblesse.

Si le traitement est retardé, des complications plus graves du paludisme peuvent se produire. La plupart des personnes qui développent ces complications sont infectées par les espèces de P. falciparum. Ils comprennent :

  • Une lésion du tissu cérébral, qui peut causer une somnolence extrême, un délire, une perte de conscience, des convulsions et un coma.
  • Un œdème pulmonaire, une accumulation dangereuse de liquide qui empêche la respiration au niveau des poumons.
  • L’insuffisance rénale.
  • Une anémie grave résultant de la destruction des globules rouges infectés et de la diminution de la production de nouveaux globules rouges
  • Une coloration jaune de la peau

Diagnostic

Un médecin peut avoir une suspicion de paludisme en fonction des symptômes de son patient et de ses commémoratifs (voyage à l’étranger récent). A l’examen, le médecin peut palper la rate et s’apercevoir qu’elle a augmenté de volume.

Pour confirmer le diagnostic de paludisme, le médecin prélèvera des échantillons de sang sur des lames de verre. Ces frottis sanguins seront colorés avec des produits chimiques spéciaux dans un laboratoire et examinés pour les parasites de Plasmodium. Des analyses de sang seront effectuées pour déterminer si le paludisme a affecté les niveaux de globules rouges et de plaquettes, la capacité du sang à coaguler, et les fonctions hépatique et rénale.

Guérison

Avec un traitement approprié, les symptômes du paludisme disparaissent généralement rapidement, avec une guérison dans les deux semaines. Sans traitement, les épisodes de paludisme (fièvre, frissons, transpiration) peuvent revenir périodiquement sur plusieurs années.

Prévention

Les chercheurs travaillent pour créer un vaccin contre le paludisme. La vaccination devrait devenir un outil important pour prévenir le paludisme dans le futur.

Une façon de prévenir le paludisme est d’éviter les piqûres de moustiques avec les stratégies suivantes :

  • Dans la mesure du possible, rester à l’intérieur dans des zones bien protégées, surtout la nuit lorsque les moustiques sont les plus actifs.
  • Utilisez des moustiquaires. Il est préférable de traiter les filets avec la résine perméthrine insectifuge.
  • Utilisez un insecticide également répulsif directement sur votre peau en évitant le pourtour de la bouche et des yeux et un autre insecticide sur vos vêtements.

Il est fortement recommandé de prendre des médicaments préventifs lorsque vous voyagez dans une région du monde où le paludisme est présent.

Les quatre médicaments antipaludiques les plus couramment prescrits pour les voyages à l’étranger sont :

  • Malarone – Ce médicament est habituellement prescrit pour la prévention du paludisme résistant à la chloroquine. Vous devez prendre un comprimé environ à la même heure chaque jour, en commençant un à deux jours avant le départ jusqu’à sept jours après votre retour. Les effets secondaires les plus courants du Malarone comprennent les douleurs abdominales, les nausées, les vomissements et les maux de tête. Vous ne devez pas prendre ce médicament si vous êtes enceinte ou allaitante ou si vous souffrez d’une maladie rénale grave. Le prix du malarone est d’environ 90 euros pour un traitement de douze jours.
  • Nivaquine – C’est le médicament antipaludique le plus fréquemment prescrit dans les pays où il n’existe pas de souches résistantes aux médicaments du paludisme. Ce médicament est pris une fois par semaine, d’une à deux semaines avant votre départ, jusqu’à quatre semaines après votre retour. Ce régime est bien toléré par la plupart des gens, avec quelques patients souffrant de nausées, de démangeaisons, de vertiges, de vision floue et de mal de tête. Vous pouvez réduire ces symptômes en prenant le médicament après les repas. Le prix du nivaquine est d’environ 10 euros.
  • Lariam – C’est le traitement prescrit habituellement pour voyager dans la plupart des régions de l’Afrique subsaharienne et d’autres régions avec des niveaux élevés de parasites du paludisme résistant à la chloroquine. Comme pour la chloroquine, le médicament est pris une fois par semaine, d’une à deux semaines avant le départ jusqu’à quatre semaines après votre retour. Les effets indésirables fréquents comprennent des difficultés de concentration, des nausées et des étourdissements. Des hallucinations et des convulsions peuvent se produire, mais elles sont rares. La dépression est un autre effet secondaire rare. Pour les gens qui ont des problèmes cardiaques, des maladies neurologiques ou psychiatriques, ce médicament est déconseillé. Les 8 comprimés de Lariam sont vendus autour des 35 euros.
  • Vibramycine – Ce médicament est généralement prescrit pour les voyageurs qui ne sont pas en mesure de prendre de la chloroquine ou de la méfloquine. Le vibramycine doit être pris une fois par jour, de deux jours avant le départ à quatre semaines après votre retour. Il est important de se protéger du soleil lors du traitement car il peut entrainer une hypersensibilité aux rayons du soleil. Les femmes enceintes et les jeunes enfants ne doivent pas prendre ce médicament. Son prix de vente est situé autour des 2€.

Traitement

Le type de médicaments utilisés pour traiter le paludisme dépend de la gravité de la maladie et de la probabilité de résistance à la chloroquine. Les médicaments disponibles pour traiter le paludisme sont globalement les mêmes que pour la prévention du paludisme.

Les personnes atteintes du paludisme au falciparum présentent les symptômes les plus graves. Ces dernières peuvent avoir besoin d’être surveillées dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital pendant les premiers jours de traitement, car la maladie peut causer une insuffisance respiratoire, un coma et une insuffisance rénale.

Le rôle du médecin

Consultez votre médecin avant de vous rendre dans un pays tropical où le paludisme est commun, afin que vous puissiez prendre les médicaments préventifs contre le paludisme. Après votre retour, appelez votre médecin si vous développez une fièvre élevée dans les premiers mois.

Pronostic

La plupart des personnes atteintes du paludisme ont un excellent pronostic si elles sont traitées correctement avec des antipaludiques. Sans traitement, le paludisme peut être fatal, en particulier le P. falciparum. De 10% à 40% des personnes souffrant de paludisme sévère meurent même avec un traitement médical avancé. Le P. falciparum est plus susceptible de causer une maladie grave chez les jeunes enfants, les femmes enceintes et les voyageurs exposés au paludisme pour la première fois.

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