Psoriasis

Les problèmes de peau sont gênants pour les patients car ils sont visibles. Une éruption laide — ou une décoloration — entraîne une prise de conscience et une gêne qui peut aller jusqu’à la détresse dans le cas d’une maladie chronique.

Le psoriasis et le vitiligo entrent dans cette catégorie, bien que le premier ait des conséquences plus graves. On sait peu de chose sur leur cause, et la guérison n’est jamais complètement obtenue. Cependant, le traitement du psoriasis peut diminuer l’intensité des crises, et les cosmétiques modernes peuvent masquer un vitiligo.

Psoriasis : qu’est-ce que c’est ?

C’est une des maladies de peau les plus courantes, touchant 1 personne sur 30. Elle débute habituellement entre 14 et 24 ans et dure toute la vie, à l’exception d’une minorité de patients qui ne souffrent que de quelques crises isolées. Les crises peuvent être espacées de plusieurs mois ou années.

Différents types d’éruption

Le psoriasis se manifeste selon quatre variétés d’éruption ; la plus courante affecte une zone de peau épaissie, rouge foncé ou violacée, recouverte de squames brillantes qui s’écaillent facilement. Elle survient habituellement aux genoux et aux coudes, mais elle peut couvrir des zones plus vastes des membres et du tronc. Le cuir chevelu produit de nombreuses squames très blanches, d’un diamètre de 6 à 7 millimètres ; la face est souvent respectée.

Le second type d’éruption, appelé psoriasis guttata, paraît le signe inaugural de la maladie psoriasique chez un jeune patient. Elle débute par de petites taches sur le tronc, le dos, puis s’étend aux membres. La peau n’est pas très épaissie mais elle est squameuse. Puis l’éruption s’atténue, laissant quelques squames sur les coudes, les genoux ou le cuir chevelu.

La troisième forme apparaît à l’aisselle et autour de l’aine ; la peau est rouge et épaissie, mais moins squameuse que dans les autres formes.

Enfin, le psoriasis peut parfois ne toucher que les mains et les pieds ; la peau n’est pas seulement épaissie et rouge, mais elle comporte aussi de nombreuses petites vésicules jaunâtres. La plupart des patients arrivent à se résigner lors d’une éruption modérée.

L’éruption est légèrement prurigineuse et n’est douloureuse que lorsqu’elle touche l’aine ou l’aisselle, ou dans la forme vésiculeuse des mains et des pieds.

Le problème principal est la quantité de squames produites qui se déposent sur les vêtements ou la literie. Si l’éruption est en pleine poussée, les vêtements de nuit peuvent être recouverts
de squames au matin, ce qui peut être gênant pour un patient qui n’est pas chez lui. Le cuir chevelu en produit tant qu’il est pratiquement impossible de toutes les brosser, et le patient peut se sentir indésirable chez le coiffeur, bien que cette maladie ne soit ni infectieuse ni contagieuse.

Un autre symptôme du psoriasis touche un tiers des patients. La surface des ongles se recouvre de petits trous. L’ongle peut se décoller de sa matrice, paraissant blanc ou jaunâtre par endroits.

Causes de la maladie

La cause exacte de la maladie reste mystérieuse, bien qu’il puisse exister une anomalie du fonctionnement d’une partie du cerveau, l’hypothalamus, qui contrôle entre autres la croissance de la peau. Normalement, la peau se renouvelle à partir des couches de cellules
profondes, et la couche la plus superficielle se détache en minuscules écailles.

Sur une peau atteinte de psoriasis, ce processus est plus rapide que la normale, et les couches de peau s’amoncellent. Ces couches se formant très rapidement ne possèdent pas la structure normale qui les fait adhérer entre elles ; aussi tombent-elles en squames abondantes.

Le psoriasis est essentiellement une maladie héréditaire. Parfois un patient n’a aucun parent atteint par cette maladie, mais il est possible que certaines personnes puissent la transmettre sans en souffrir elles-mêmes.

Le stress, tels une maladie ou des problèmes psychologiques, peut déclencher une poussée chez le patient.

Une première crise chez l’adolescent peut survenir 6 à 8 semaines après un mal de gorge ou une amygdalite. Parfois une plaque de psoriasis survient sur une zone de peau qui était au
préalable le siège d’une plaie ou une abrasion. Pendant que la peau guérit, le psoriasis apparaît sur la cicatrice.

Chez la femme la situation s’améliore pendant la grossesse, mais réapparaît après la naissance de l’enfant.

Traitement

Puisqu’il n’existe pas de traitement totalement efficace pour le psoriasis, le but principal est de diminuer la rougeur et la desquamation. Les préparations les plus utilisées sont des crèmes, des pommades et des shampooings contenant du goudron de bois médicinal. Les crèmes et les pommades sont appliquées sur les zones touchées par l’éruption.

Ces préparations paraissent sales et sentent le goudron ; elles peuvent juguler une poussée de psoriasis et sont sans danger lors de l’usage à long terme.

Le dithranol est une préparation pouvant diminuer la desquamation. Il est incorporé dans une pommade appliquée très soigneusement sur l’éruption, sans déborder sur la peau saine. En
moins de 1 semaine ou 2, les squames s’amincissent et disparaissent, laissant une peau quasi normale temporairement. Cependant, ce produit colore la peau et les vêtements en brun ; aussi préfère-t-on l’utiliser la nuit. L’application soigneuse et la nécessité d’utiliser de vieux draps et vêtements de nuit sont parfois trop contraignants pour les patients, et certains ne s’embarrassent pas à continuer le traitement pendant la durée nécessaire.

On peut aussi prescrire des corticoïdes sous forme de pommades. Elles sont assez efficaces dans le psoriasis en diminuant l’éruption et plaisent aux patients, car elles sont propres et inodores. Cependant, leur usage au long cours peut être dangereux, car les corticoïdes
peuvent amincir considérablement la peau et aggraver la situation.

On ne doit prescrire que des pommades au dosage faible pour quelques semaines en cas
de poussée modérée, dans l’espoir que la crise s’améliore d’elle-même sans nécessiter de traitement au long cours.

De nombreux patients trouvent que leurs poussées de psoriasis sont atténuées par le soleil et, s’ils sont hâlés, l’éruption peut être atténuée. La lumière ultraviolette des lampes à bronzer peut être utile, particulièrement les lampes qui dispensent plus de rayons ultraviolets A bronzants et moins de rayons ultraviolets B brûlants.

Puvathérapie

Il consiste à utiliser un médicament, le méthoxypsoralène, qui augmente les effets des U. V.A. sur la peau. Le patient absorbe le médicament sous forme de comprimés et, 2 heures plus tard, est exposé aux rayons U. V.A. émis par des lampes semblables à celles des solariums.

Ce procédé doit être répété à quelques jours d’intervalle pendant quelques semaines ou mois, pendant lesquels le patient devient très bronzé et l’éruption guérit, bien qu’elle puisse
réapparaître lorsque le bronzage a disparu.

Chimiothérapie

Si le psoriasis est très étendu, il est difficile à traiter par applications locales ; on utilise parfois un médicament, appelé méthotrexate, en prises orales et hebdomadaires. Ce médicament diminue la croissance des cellules de l’organisme, qui se divisent très rapidement c’est le cas des cellules de la peau atteinte de psoriasis.

L’effet sur le psoriasis peut être spectaculaire, entraînant pratiquement une guérison complète. Malheureusement, ce traitement aussi peut avoir des effets indésirables graves. Pour conserver les résultats obtenus, le méthotrexate doit être prescrit pendant des années ; il peut entraîner des troubles digestifs, hépatiques ou une anémie. Il est donc impératif, pour un patient sous ce traitement, de consulter à intervalles réguliers un spécialiste.

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