La sciatique : qu’est-ce que c’est ?

La sciatique, mal redouté chez l’adulte, est habituellement dominée par un traitement médical et une gymnastique corrective. Elle peut s’aggraver en présence de traumatisme ou d’une hernie discale.

La sciatique est une douleur du membre inférieur, liée habituellement à l’irritation d’une des racines constitutives, appelées L5 et SI, du nerf sciatique au niveau de la colonne vertébrale lombaire. Elle part de la fesse, descend sur la face postérieure de la cuisse à la jambe et souvent au pied.

La douleur peut ressembler à une brûlure ou à des décharges électriques. Elle peut être remplacée au pied par des impressions de fourmillements (paresthésies). Elle s’accompagne habituellement d’une douleur lombaire réalisant une lombosciatique.

La sciatique doit être différenciée de la cruralgie, plus rare, qui est une douleur siégeant à la face antérieure de la cuisse, parfois au genou et à la jambe. La cruralgie est due à l’irritation d’une des racines constitutives, appelées L3 et L4, du nerf crural. La conduite à tenir devant une cruralgie est superposable à celle concernant la sciatique.

Les causes

La cause la plus fréquente de la sciatique est une hernie discale lombaire.

Une hernie discale est une saillie d’un fragment du disque intervertébral dans le canal vertébral. Elle est due à une dégénérescence chronique du disque (par usure) et (ou) à une rupture brutale de ses fibres (par traumatisme). La hernie comprime une des racines du nerf sciatique. La sciatique par hernie discale est fréquente chez l’adulte âgé de 30 à 60 ans. Elle survient souvent après un facteur déclenchant comme un effort de soulèvement, un faux mouvement, une chute.

La douleur est exacerbée par les mouvements, les efforts, et calmée par le repos.

Les autres sciatiques liées à une atteinte congénitale ou dégénérative de la colonne lombaire sont plus rares : arthrose vertébrale, spondylolisthésis (glissement vertébral), canal lombaire étroit, scoliose. Il ne faut pas oublier qu’une sciatique peut révéler une tumeur (osseuse ou neurologique) ou une infection vertébrale.

La sciatique impose parfois une urgence médicale

C’est le cas quand elle est associée à de la fièvre ou quand il existe une complication : douleur permanente, insomniante et non calmée par le repos (sciatique hyperalgique); paralysie musculaire (sciatique paralysante); troubles sphinctériens avec incontinence ou rétention d’urine.

Il faut alors être adressé immédiatement à l’hôpital où seront rapidement pratiqués des examens complémentaires permettant d’identifier la cause et de mettre en route le traite- ment adapté, souvent chirurgical.

Dans les cas habituels, il est nécessaire de consulter un médecin qui affirmera l’existence d’une sciatique, recherchera sa cause et débutera le traitement.

Les examens

Ces examens (radiographies de la colonne lombaire et du bassin, prise de sang) ont pour but de s’assurer de l’absence de cause tumorale ou infectieuse, et de rechercher des anomalies vertébrales comme une arthrose ou un spondylolisthésis. Les radiographies ne permettent pas de voir une hernie discale. Le scanner, qui, lui, permettrait de la voir, n’est pas utilisé en première intention car ses résultats ne modifient pas le traitement initial des sciatiques discales non compliquées.

Les sciatiques non compliquées guérissent habituellement en 2 à 6 semaines avec un traitement médical. Les principales mesures thérapeutiques sont le repos partiel ou complet (au lit) et la prise de médicaments à visée antalgique, anti-inflammatoire et parfois myorelaxante.

Si la guérison ne survient pas

Quand cela ne suffit pas, on peut être amené à pratiquer des infiltrations locales d’un dérivé corticoïde dans l’espace épidural et à porter un lombostat, c’est-à-dire une orthèse rigide d’immobilisation de la colonne lombaire, en résine synthétique, faite sur mesure (hôpital ou établissement spécialisé) et portée soit en permanence, soit dans la journée.

En l’absence de guérison après quelques semaines d’évolution, il devient nécessaire de passer un scanner (ou éventuellement une IRM* ) qui permet de préciser la cause et le siège de la compression de la racine. En cas de hernie discale, on a le choix entre deux méthodes thérapeutiques : la chimionucléolyse et la chirurgie.

La chimionucléolyse

La chimionucléolyse consiste à injecter, par voie percutanée dans le disque intervertébral, de la chymopapaïne qui entraîne une digestion enzymatique du disque. Elle donne de bons résultats en cas de hernie discale de petite taille.

L’exérèse chirurgicale

L’exérèse chirurgicale de la hernie discale, effectuée par un chirurgien spécialisé (neurochirurgien ou orthopédiste), donne habituellement de très bons résultats.

Toutefois ces deux techniques ne mettent pas totalement à l’abri des récidives.

Comment éviter les récidives

Le rôle du kinésithérapeute est important. Il doit apprendre à la personne une gymnastique rachidienne adaptée à chaque cas, avec toujours un verrouillage de la charnière lombosacrée : il faut bloquer le « bas du dos » et que cela devienne un automatisme lors de certains mouvements.

Quand les muscles de la sangle abdominale sont de mauvaise qualité, leur tonification est nécessaire. Le kinésithérapeute donne aussi les conseils « d’économie rachidienne ».

« L’hygiène rachidienne lombaire » comporte toutes les mesures personnelles visant à protéger la colonne lombaire vis-à-vis de la détérioration de ses structures discales et articulaires.

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