Troubles anxieux : causes, prévention et traitements

Les stress et l’inquiétude font partie de la vie, mais quand l’anxiété — sentiment d’appréhension ou de peur devient oppressante au point d’être handicapante, il peut s’agir d’une véritable maladie. L’attaque de panique, le trouble obsessionnel compulsif (TOC), les phobies et l’état de stress post-traumatique (ESPT) sont des exemples de troubles anxieux. Ce sont les maladies mentales les plus courantes.

Au moins 10 % de la population des pays occidentaux en souffrent, enfants et adolescents compris.

Facteurs de risque

  • Antécédents familiaux
  • Carence affective ou mauvais traitements pendant l’enfance
  • Événements traumatisants

Causes

Une enfance marquée par une carence affective ou des événements traumatisants peut engendrer des troubles anxieux qui persisteront parfois pendant des années.

Leurs causes sont difficiles à cerner. Certains troubles semblent avoir un caractère familial, et d’autres peuvent être dus à un déséquilibre chimique du cerveau. Ainsi, des TOC sont imputés à un déséquilibre en sérotonine, substance chimique présente dans le cerveau. Une pathologie physique (hyperthyroïdie, utilisation de drogues comme des corticoïdes, du cannabis, de l’héroïne ou de la cocaïne) peut déclencher des symptômes.

Prévention

S’ils sont souvent difficiles à prévenir, apprendre à faire la différence entre le vrai danger et les peurs infondées est essentiel. La pratique d’exercices physiques réguliers et de techniques de relaxation comme la méditation est utile. Évitez la caféine, les substances illicites et les médicaments pour le rhume délivrés sans ordonnance et contenant des substances stimulantes : ils sont tous susceptibles d’aggraver les symptômes d’un trouble anxieux.

Diagnostic

Le diagnostic s’appuie sur l’analyse des symptômes. Un examen clinique complet écartera d’abord toute autre cause possible. Un type de trouble anxieux peut coexister avec la dépression, des troubles alimentaires, la toxicomanie, ou d’autres troubles anxieux.

Trouble anxieux généralisé (tag)

Caractérisé par une inquiétude et une nervosité qui persiste six mois ou plus, il est deux fois plus fréquent chez les femmes. Le patient doit présenter au moins trois des symptômes suivants : agitation, état de fatigue, difficultés de concentration, irritabilité, tensions musculaires et troubles du sommeil.

Trouble obsessionnel compulsif (toc)

Les obsessions sont des pensées ou des images inquiétantes génératrices d’anxiété que les compulsions visent à neutraliser. Incontrôlables, ces pensées et rituels peuvent prendre plus d’une heure par jour, affectant la vie quotidienne.

Ainsi, une peur démesurée des germes amènera à se laver les mains des centaines de fois par jour. Les TOC touchent autant les hommes que les femmes et apparaissent en général chez les enfants, les adolescents et les adultes jeunes.

L’attaque de panique

Les crises surviennent sans prévenir, provoquant un sentiment de terreur et différents symptômes physiques (douleurs thoraciques, palpitations cardiaques, essoufflement, vertiges, douleurs abdominales, impression d’irréalité, peur de mourir qui peut ressembler à une crise cardiaque).

Deux fois plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, ce trouble se développe souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Environ 30 % des malades développent une agoraphobie, crainte de se retrouver dans des situations où il serait impossible ou gênant de s’enfuir. Certains patients finissent par rester confinés chez eux, alors que le trouble est l’un des plus faciles à traiter.

Traitements

Une psychothérapie parfois associée à des médicaments se révèle souvent efficace. D’autres techniques peuvent aussi être utiles.

MÉDICAMENTS. Les inhibiteurs spécifiques de recapture dc la sérotonine (ISRS), antidépresseurs souvent utilisés en cas de TAG et de TOC, peuvent être prescrits, mais il faut parfois deux à trois semaines pour qu’ils soient efficaces et ils peuvent commencer par aggraver les symptômes. D’autres antidépresseurs comme les tricycliques et les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) seront utilisés dans certains cas. Très prescrits aussi, des anxiolytiques comme les benzodiazépines peuvent entraîner une dépendance. Le sevrage doit être progressif. La buspirone, anxiolytique n’entraînant pas de risque de dépendance, est efficace après 15 jours de traitement. Selon les cas, les bêtabloquants, les antihistaminiques et certains sédatifs seront prescrits.

PSYCHOTHÉRAPIE. Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) se révèlent souvent efficaces. La partie cognitive cherche à changer les schémas de pensée afin de modifier les réactions face aux situations appréhendées. La partie comportementale vise à permettre au patient de se confronter davantage aux circonstances redoutées et à apprendre par lui-même qu’il peut les gérer.

Les TOC sont souvent traités par des techniques d’exposition et de prévention de la réponse: les patients sont exposés à leurs peurs et on les aide à gérer l’anxiété occasionnée.

La désensibilisation travaille sur la modération de la réponse et fait appel à la relaxation.

THÉRAPIE DE GROUPE. Ce type de thérapie peut aider les individus souffrant de TAG à se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls à ressentir cette inquiétude excessive.

MUSICOTHÉRAPIE. Elle améliore l’humeur et favorise la relaxation, état physique caractérisé par une baisse du rythme cardiaque, de la tension artérielle et de la tension musculaire. Les musiques appréciées par le patient s’avèrent les plus efficaces. Cet état peut également être obtenu lors de thérapies par les arts.

MÉDITATION. La méditation, qui consiste à porter l’attention sur les sensations physiques du moment présent, peut aider à réduire l’anxiété. Certaines études montrent des modifications du rythme des ondes cérébrales.

KAWA. Bien que le kawa, fabriqué à partir de Piper methysticum, se soit révélé efficace contre l’anxiété, il est interdit en France  en raison de multiples cas de lésions hépatiques observés. Les autorités américaines en déconseillent l’usage.

HYPNOTHÉRAPIE. L’hypnose peut diminuer l’anxiété, par exemple avant des soins médicaux et dentaires. Elle peut être utilisée comme thérapie auxiliaire aux TCC. De nombreuses preuves anecdotiques sont répertoriées, mais aucune étude fiable ne compare l’efficacité de l’hypnose seule à celle des anxiolytiques.

YOGA. De nombreux travaux ont montré son efficacité contre l’anxiété. Les techniques les plus utilisées sont la méditation Kundalini et la relaxation.

Cependant, des études plus approfondies sont nécessaires.

RELAXATION. Sa pratique régulière diminue l’anxiété. Elle est notamment utile associée aux thérapies de désensibilisation dans le traitement des attaques de panique et des phobies.

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