Les troubles de l’odorat et du goût

Les troubles de l’odorat et du goût sont en fait très fréquents, en raison des rhumes que l’on attrape périodiquement. Les autres causes, en revanche, sont rares.

Les odeurs forment de véritables « images olfactives » au niveau du cerveau, tout comme les formes géométriques impriment des « images visuelles » sur la rétine. Voici comment les choses se passent : notre nez balaye l’air ambiant, capte les molécules odorantes qui circulent (une odeur n’est rien d’autre que de la matière en suspension), les humidifie, les réchauffe et les conduit au sommet des fosses nasales, sur la muqueuse olfactive.

Cette petite surface de 5 cm-, hérissée de cils, abrite 50 millions de neurorécepteurs,véritables petits pièges à odeurs ; 20 à 30 % seulement d’entre eux sont sollicités à chaque fois et déclenchent un influx nerveux, qui parcourt alors les 5 mm que mesure le nerf olfactif et aboutit dans la région du bulbe olfactif, située dans le cerveau juste au-dessus des fosses nasales.

Les cellules du bulbe, agissant à la manière de mini-standards téléphoniques, reçoivent toutes les « communications », les concentrent ou les éliminent purement et simplement. L’image odorante filtrée par le standard est ainsi stabilisée et mémorisable.

Que devient ensuite cette image ? Elle quitte le bulbe par des faisceaux de neurones et se dirige vers différentes parties du cerveau. Tout d’abord, elle va dans le bulbe de l’hémisphère opposé. On a ainsi en quelque sorte une « image en relief » ; ensuite, l’image atteint le siège de la mémoire, du rêve et du souvenir situé dans une zone appelée hippocampe. Puis elle va vers l’hypothalamus, où se trouve le centre de la faim et de la satiété.

A partir de ce moment se forme ce que l’on appelle un « complexe olfacto-gustatif », une synthèse du goût et de l’odorat. Et enfin, l’image atteint le cerveau conscient, le cortex. Le traitement de l’information y est alors strictement identique à celui de n’importe quel autre sens.

On goûte avec son nez

Comment s’y retrouver entre arôme, saveur et parfum, goût et odeur. Notre palais est un piètre instrument de détection, 1 000 fois moins sensible que notre nez, et capable de distinguer à peine 4 ou 5 saveurs fondamentales : le salé, le sucré, l’acide et l’amer, avec le glutamate ou unami, saveur spécifique des plats japonais.

Les cellules sensorielles du goût sont contenues dans les 500 000 bourgeons du goût que nous possédons dans les papilles gustatives situées sur la langue, visibles à l’œil nu. Chaque jour, les cellules sont remplacées et nous donnent une bouche « toute neuve ». Ainsi, quel que soit l’âge, on peut se fier à ses bourgeons du goût. Les informations perçues au niveau des papilles gustatives sont transmises par des voies analogues à celles de l’odorat, et c’est la complémentarité des deux sens qui donne en final le goût aux aliments que nous mangeons.

Les maladies du goût et de l’odorat

Il est difficile de les séparer. Une perte de l’odorat s’appelle une anosmie, tandis qu’une perte du goût est une agueusie. Rappelons qu’une anosmie entraîne par voie de conséquence une agueusie et non l’inverse.

Les causes possibles ?

  • D’abord, toutes les causes liées au nez ou à l’arrière-nez : le rhume et les diverses causes de rhinites ; les déformations congénitales ou d’origine allergique des cornets, les polypes du nez. Selon les cas, un traitement médical ou chirurgical permet de recouvrer goût et odorat. La cause est guérie par traitement chirurgical (turbinectomie) ou médical. Les tumeurs de l’os ethmoïde : elles sont rares mais entraînent la perte de l’olfaction.
  • Ensuite, les virus, comme celui de la grippe qui engendre le plus souvent une destruction temporaire de l’organe sensoriel. Il ne détruit pas les cellules olfactives mais les cils qui mettront huit jours à repousser. Certains virus peuvent détruire non pas les cils mais les corps cellulaires. Il faudra alors attendre 6 mois pour que la muqueuse olfactive se régénère.
  • Plus grave, la destruction du nerf olfactif par traumatisme crânien d’avant en arrière qui provoque un cisaillement des filets du nerf olfactif au niveau de la lame criblée de l’ethmoïde. Dans ce cas, l’anosmie est totale et définitive.
  • Dans le domaine des curiosités cette fois, on peut citer les anosmies partielles, non pathologiques mais fréquentes. Elles résultent de l’absence congénitale de l’une des quelque vingt protéines de l’olfaction fixées sur les cils et qui se comportent comme de véritables « pièges à odeurs ». Ce qui se traduit par un déficit de la perception limité à une ou deux odeurs. Ces anosmies sont bien souvent méconnues du porteur alors qu’elles sont héréditaires et familiales.
  • Les troubles d’origine centrale sont la plupart du temps d’ordre neurologique. Certaines anosmies résultent d’une destruction du bulbe olfactif par une tumeur. Dans ce cas, une exploration au scanner s’impose. Les parosmies les plus banales sont celles de la grossesse et n’ont pas de signification pathologique. Ce sont des modifications de la perception olfactive : la vanille sent le gaz, par exemple. Les cacosmies (mauvaises odeurs réelles ou imaginées) et autres hallucinations olfactives peuvent être associées au début d’une crise épileptique.
  • Les intoxications aux vapeurs toxiques de chrome, de plomb ou de goudron.
  • A la limite de l’anosmie, les sensations d’odeurs désagréables survenant au cours de crises d’épilepsies particulières et rares. Et enfin, en ce qui concerne les agueusies isolées, les stomatites (inflammation de la bouche), les suites de radiothérapie pour cancer de la bouche ou de la langue, les effets secondaires de certains médicaments, les suites de traumatisme crânien ou certaines rares tumeurs du cerveau.

3 Commentaires

  1. Bonjour,

    Une crise d’epilepsie occasionnelle de quelques minutes peut elle occasionner une perte partielle du goût et de l’odorat.?

    Merci d’avance .
    Sincères salutations

  2. Bonjour,
    Une crise d’épilepsie occasionnelle de quelques minutes peut elle faire perdre une partie du goût et de l’odorat?
    Merci de.avance
    Sincères salutations.

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