Inégaux devant l’alcool : pourquoi ?

Tout le monde ne supporte pas l’alcool de la même façon. Des spécialistes expliquent les raisons de cette différence.

Au cours d’une soirée un peu arrosée, on a tous remarqué que boire deux apéritifs ou plus peut rendre les uns gais et les autres tristes ou agressifs. Pourquoi ? Premièrement, une même quantité d’alcool n’entraîne pas la même concentration d’alcool dans le sang (on parle de taux d’alcoolémie) selon les individus.

Deuxièmement, un taux d’alcoolémie identique provoque aussi des réactions d’ivresse différentes.

C’est ce fameux taux d’alcoolémie que les policiers recherchent lorsqu’ils nous demandent de “souffler dans le ballon” ou en faisant pratiquer des analyses de sang. Et c’est sur cette base-là que l’on évalue si une personne est susceptible d’être dangereuse sur la voie publique.

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Les femmes sont plus sensibles

Pourtant, la quantité d’alcool retrouvée dans le sang n’est pas toujours un reflet exact de l’alcool bu. Celui-ci passe dans le sang 15 à 30 minutes après absorption, avant d’être éliminé 8 à 9 heures plus tard par transformation dans le foie, par l’haleine, les urines, la sueur.

Mais nombre de paramètres contribuent à moduler sa concentration.

Les circonstances et le rythme de la boisson sont importants. Si l’on boit au cours d’un repas, il faudra deux fois plus de temps à l’alcool pour arriver dans le sang et l’alcoolémie sera diminuée de 30 % environ. En revanche, une consommation rapide et massive va accélérer la montée de l’alcoolémie.

Les personnes corpulentes auront une alcoolémie plus faible, car l’alcool se répartit dans un volume plus grand. Les personnes âgées sont, elles, particulièrement sensibles : souvent confrontées à des problèmes neurologiques et vasculaires, à des troubles auditifs ou visuels, elles sont sujettes aux confusions psychiques et aux délires.

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Quant aux femmes, leur taux d’alcoolémie est de 35 à 40 % supérieur à celui de l’homme !

En raison d’une corpulence plus faible et d’une proportion en graisse plus importante. En effet, l’alcool ne pénétrant pas dans les graisses, il se concentre alors dans le sang et les tissus. Attention, lors de la période prémenstruelle ou en cas de contraception orale oestrogénique, le pic d’alcoolémie est atteint plus vite. Et une femme élimine l’alcool plus lentement, car elle ne possède pas l’une des enzymes de dégradation. L’absence ou la présence de certaines de ces enzymes est d’ailleurs un facteur important d’inégalité. C’est vrai chez les Japonais, qui sont plus exposés faute d’une des enzymes de dégradation chez 50 % d’entre eux.

Enfin, prendre des médicaments simultanément est très dangereux, car la plupart sont dégradés par le foie, qui se retrouve alors moins disponible pour éliminer l’alcool. Par ailleurs, la prise de tranquillisants ou de somnifères potentialise les effets sur la conscience et la vigilance, car ils agissent sur les mêmes cibles du cerveau que l’alcool.

Sans compter que la fatigue et la maladie aggravent l’état d’ivresse car elles modifient le comportement.

Rappelons que l’alcool est dangereux et formellement déconseillé chez les enfants, très fragiles sur ce plan.

Question aussi de personnalité

Pour décrire l’état d’ivresse, les médecins définissent trois phases successives. L’euphorie, recherchée car elle procure une sensation de désinhibition totale, débute dès 0,7 à 1,8 g d’alcool /l de sang. Elle est rapidement suivie par une phase beaucoup plus dangereuse d’incoordination, puis par le coma, dès 3 g/l. L’effet est maximal lorsque l’alcoolémie continue à augmenter, c’est-à-dire pendant la diffusion progressive de l’alcool dans l’organisme.

Mais les troubles dépendent beaucoup de la sensibilité des cellules cérébrales à l’alcool. Cette sensibilité, déjà personnelle au départ, baisse considérablement lorsque la consommation devient régulière, ce qui explique pourquoi l’ivresse est rapide chez les sujets habituellement sobres et de plus en plus rare chez les personnes alcooliques.

La personnalité joue aussi un rôle important : la levée des inhibitions permet à l’individu de s’exprimer dans le sens, par exemple, de la sexualité ou de l’agressivité. L’ambiance peut jouer un rôle capital. Par effet placebo, l’euphorie est beaucoup plus marquée dans des ambiances conviviales et festives.

Si vous avec des problèmes d’alcoolisme, n’hésitez pas à contacter votre médecin traitant.

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