Quand la musculation devient une véritable dépendance

La pratique du sport est excellente pour la santé, mais, comme pour toute chose, son excès peut être très nocif. On compte plus de 30 millions de sportifs dans toute la France. Enfants, jeunes et vieux, le sport est pour tout le monde un synonyme de longévité, de santé et de fun. Malheureusement, une pratique sans modération peut augmenter les risques de blessures et d’addiction. En effet, certains individus, professionnels et simples amateurs, deviennent trop accros. Selon l’OMS, entre 10 et 15 % des sportifs ayant une pratique intensive souffrent de dépendance.

De la musculation à la bigorexie

Le bodybuilding s’est répandu dans les années 70 grâce à l’acteur Arnold Schwarzenegger. Ce dernier a popularisé le culturisme et la musculation et continue toujours d’influencer les jeunes d’aujourd’hui. Malgré les souffrances au cours des entraînements, les adeptes de la culture désirent prendre plus de muscles. Soulever des poids peut causer des microdéchirures musculaires. Pour compenser la réparation des lésions, les bodybuilders plébiscitent la croissance des muscles. Pendant les séances, après 30 ou 40 minutes d’exercices, le corps secrète de l’endorphine, une hormone du plaisir qui favorise la dépendance. C’est cette dépendance qu’on appelle bigorexie.

Les signes de la bigorexie

Pour une personne atteinte de la bigorexie, la pratique du sport devient la priorité numéro un et la salle de sport devient la deuxième maison. Elle continue toujours de s’entraîner, sans prêter attention aux différents signaux que son corps ou son entourage lui envoie. En parlant, les signes qui peuvent démontrer une éventuelle bigorexie sont :

  • Le pratiquant dépendant devient obsédé par le fait que le corps doit être mince et musclé de manière exagérée.
  • Il dépense la majorité de son temps à s’entraîner ou encore à peaufiner son régime alimentaire pour gagner du muscle.
  • Il est trop concentré sur son entraînement qu’il lui arrive de sacrifier une partie de sa vie professionnelle et sociale.
  • L’accro peut être gêné lorsque son corps est trop exposé, à la piscine ou encore à la plage. En effet, il pense qu’il n’est pas suffisamment musclé et a donc honte.
  • Il ne se rend pas compte des effets négatifs de ce que son entraînement peut provoquer, et continue les séances de musculation, peu importe son état de santé.
  • Il peut utiliser des produits dopants (les stéroïdes) qui mettent en danger sa santé.

Une dépendance très répandue

Rares sont les adeptes qui sont conscients de cette dépendance et encore plus rares sont ceux qui l’avouent. Aux États-Unis, plus de 3 millions d’hommes n’hésitent pas à prendre de la protéine pour développer sa musculature, ou encore des bruleurs de graisses pour “sécher”. On constate également que cela touche 1 adolescent sur 20 de 16 ans. Réaliser une estimation exacte est assez compliqué, mais on peut dire qu’en fonction des pays, la bigorexie peut pratiquement affecter un nombre important de pratiquants.

On retrouve également des personnes accros qui n’utilisent pas de produits dopants, mais qui se sentent toutefois mal parce qu’elles ont peu dérogé à leurs séances d’entraînement. Certains d’entre eux pensent qu’avoir de beaux abdominaux et de gros bras font d’eux des personnes aimées et bien heureuses.

La bigorexie touche les athlètes accrocs comme les anorexiques. Ces derniers développent une mauvaise perception de leur image en se projetant dans un corps très musclé et magnifié.

La dépendance pour la musculation

La bigorexie est plutôt récente, depuis 1990, et provient de la pression sociale et des images que la société exige au quotidien. Ces images sont des corps minces et très musclés qui contribuent à édifier une image du « physique parfait ».

Cette image défend l’insatisfaction que l’on peut ressentir pour son physique. C’est d’ailleurs le même processus que peut ressentir une femme qui désire être mince. Chez l’homme, c’est un phénomène moins connu, mais qui ne doit pas être pris à la légère.

Comment en guérir ?

La première chose à faire pour en guérir est de prendre conscience de sa dépendance et de l’admettre. Il faut aussi être conscient que ce besoin incessant d’être plus musclé est entièrement dicté par la société et l’image de « physique parfait » qu’elle souhaite véhiculer.

Il est essentiel de se demander pourquoi faire d’énormes efforts pour avoir un corps beau et pourquoi il y a toujours cette insuffisance, au point d’utiliser des produits néfastes pour l’organisme. Si les prises de risques sont dictées par une nécessité de gagner plus d’estime de soi, il est recommandé de consulter un psychologue.

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